Le château de Saint-Quentin-sur-Isère

Château de Saint-Quentin-sur-Isère © SPIA
Château de Saint-Quentin-sur-Isère © SPIA
Château de Saint-Quentin-sur-Isère © Patrimoine culturel-CD38
Château de Saint-Quentin-sur-Isère © Patrimoine culturel-CD38

Etabli sur une colline surplombant la vallée de l’Isère à une centaine de mètres au-dessus du village, au pied du Vercors, le château de Saint-Quentin, a aujourd’hui presque entièrement disparu. Pourtant les vestiges conservés (ruines du donjon) laissent entrevoir une construction puissante et de belle qualité, au pied de laquelle devait alors couler l’Isère ; la position semblait imprenable. Le site occupait la partie nord d’un éperon étroit, orienté nord-est/sud-ouest, dominant les terrains environnants par des pentes vives de tous côtés. Seul vestige important conservé en partie, une tour carrée, sans aucun doute le donjon du château, d’environ 10 mètres de côté dont seule la face nord-ouest reste entière. Il s’agit d’une belle construction, très soignée, reposant en partie sur le rocher. Entre les deux parements de tuf, taillés et appareillés en assises régulières jusqu’au faîte des murs, on trouve des galets et des pierres liés par un mortier de chaux solide, ce qui donne des murs de plus de 2 m d’épaisseur. Les départs de voûte encore conservés permettent de restituer quatre niveaux. Une belle fenêtre en plein-cintre s’ouvre au rez-de-chaussée, permettant à un archer (ou un arbalétrier) de se tenir debout. Aucune ouverture sur la face conservée pour le premier étage, qui devait être éclairée par des fenêtres en face nord-est et sud-ouest. Au second étage, au centre de la face conservée, se trouve une porte donnant accès à un dispositif en encorbellement, en bois ou torchis. Une structure défensive, souvent appelée « échiffe ». Ces édicules sont placés assez hauts dans la maçonnerie, afin que les projectiles qu’on lâchait depuis eux sur les assaillants prennent assez de vitesse et provoquent des blessures graves. Un second niveau de défenses se trouvait placé à la crête du donjon, couronné par un mâchicoulis (balcon au sommet des murailles ou des tours des châteaux forts, percé d'ouvertures à sa partie inférieure permettant de laisser tomber des projectiles sur l'ennemi).

Un château existe sur le promontoire de Saint-Quentin, au moins depuis le début du XIIIe siècle ; il est tenu en fief par les comtes d’Albon, qui eux-mêmes en font don aux archevêques de Vienne. C’est une famille portant le nom du lieu qui en assure la possession directe, famille de moyenne noblesse qui évolue dans l’entourage des dauphins et entretient des liens avec les maisons religieuses des alentours : chartreuse des Écouges et monastère Saint-Robert de Cornillon. Nous pouvons attribuer la construction de grande qualité visible aujourd’hui, au XIIIe siècle ou au début du XIVe, sans plus de précision ; à ce jour, les données historiques rassemblées, ne permettent pas d’identifier un personnage qui serait l’auteur de cette reconstruction prestigieuse. 

Les études sur ce donjon sont à poursuivre pour percer quelques-uns de ses secrets. Un relevé photogrammétrique par drone a pu être réalisé et a permis de déterminer précisément les dimensions et les volumes du bâtiment, en attendant des recherches plus approfondies...

La présence de bois de boulin (échafaudages) encore conservés en place permettra peut-être de réaliser des datations par dendrochronologie, s’il est possible de sortir ces pièces de leurs emplacements.

Château de Saint-Quentin-sur-Isère © Patrimoine culturel-CD38
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